Combien de parents sont concernés ?

La réponse dépend du seuil : un parent en burn-out « sévère » (symptômes présents presque tous les jours) est plus rare qu'un parent qui présente des signes « au moins une fois par semaine ». C'est pourquoi les études donnent des fourchettes, et non un chiffre unique.

0parents interrogés dans l'étude internationale de référence et coll., 2021, Affective Science
0pays comparés dans cette étude et coll., 2021
0 %de parents en burn-out en Belgique, pays d'origine des travaux et coll., 2021
0 %de mères dans l'échantillon de cette étude, un déséquilibre fréquent dans la recherche sur la parentalité et coll., 2021

L'étude menée dans 42 pays a montré des différences considérables d'un pays à l'autre, et un facteur explicatif principal : les valeurs individualistes. Les pays où la parentalité est vécue comme une performance individuelle, avec peu de relais communautaire, présentent les prévalences les plus élevées, indépendamment de leur niveau économique ou du nombre d'enfants par famille. Les pays d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord sont parmi les plus concernés. Nous ne disposons pas, à notre connaissance, d'une prévalence française issue d'un échantillon représentatif : les ordres de grandeur belges et ouest-européens sont les plus proches.

Mères et pères

Une étude comparant environ 900 mères et pères appariés ( et , 2020) a montré que les mères rapportent en moyenne un niveau de burn-out parental plus élevé que les pères, et que l'instrument mesure bien la même chose chez les deux. Mais les pères épuisés présentent des conséquences souvent plus lourdes : idées d'évasion et idées suicidaires, et comportements de négligence envers les enfants, y sont plus fréquents que chez les mères épuisées. Le burn-out paternel est moins repéré, parce qu'il s'exprime autrement. Voir mère épuisée et père épuisé.

Ce qui pèse le plus : une synthèse de 15 ans de recherche

0études empiriques intégrées dans la méta-analyse et coll., 2023
0parents au total dans ces études et coll., 2023
0dimensions du burn-out parental mesurées par le PBA depuis 2018, et , 2018

Cette synthèse confirme que les facteurs sociodémographiques (âge et nombre des enfants, revenus, situation familiale) sont faiblement liés au burn-out parental, alors que les facteurs psychologiques (perfectionnisme, difficultés de régulation émotionnelle) et relationnels (soutien du coparent, conflits, pratiques éducatives) y sont fortement associés. Voir causes et facteurs de risque.

Conséquences mesurées

  • Négligence et violence envers l'enfant : lien spécifique au burn-out parental, absent pour le burn-out professionnel (, , et , 2018, sur 1 551 parents).
  • Distinction d'avec la dépression et le burn-out professionnel : confirmée sur 3 482 participants (, et coll., 2020).
  • Stress biologique : le cortisol capillaire des parents en burn-out est très supérieur à celui de parents témoins ( et coll., 2020, Psychoneuroendocrinology), un argument fort en faveur de la réalité physiologique de cet épuisement.
  • Effet du traitement : un programme de groupe en huit séances a réduit l'épuisement, les comportements de négligence et de violence, et le cortisol capillaire, avec un maintien à trois mois ( et coll., 2020, Psychotherapy and Psychosomatics).

Comment lire ces chiffres. Ils décrivent des tendances dans des groupes, pas votre situation. Un chiffre de prévalence ne dit rien de ce que vous vivez ; il dit seulement que vous n'êtes pas seul·e, et que le phénomène est assez fréquent et assez grave pour avoir mobilisé la recherche. Toutes les références sont sur la page sources et bibliographie.